Le cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement, qui concernerait près de 10% des écoliers et collégiens et même 40% des 13-16 ans, constitue un réel danger réel pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

 

Il importe avant tout que les victimes de ce type de harcèlement aussi sournois que dévastateur puissent l’identifier précisément et qu’ils n’hésitent pas à s’en ouvrir à leurs camarades et à leurs parents car des solutions existent.

 

Définition du cyber-harcèlement

Apparu au début des années 2000, le cyber-harcèlement peut se définir comme le fait pour un ou plusieurs individus de commettre intentionnellement un acte agressif et répété au moyen de messages, photos ou vidéos véhiculés par internet (chat, forum,courriel réseaux sociaux) ou par téléphone portable.

Il peut se décliner de multiples façon : « Flaming » (brefs messages d’insultes très violentes), « masquerade » (usurpation de l’identité de la victime ou d’un tiers), « trickery » (divulgation d’informations intimes) ou encore « exclusion » (mise à l’index concertée de la victime).

Au-delà de ces différentes formes, le cyber-harcèlement se distingue par l’anonymat des auteurs des faits et le sentiment de paranoïa et d’insécurité qu’il suscite chez les victimes qui ignorent ainsi l’identité de leurs tourmenteurs.

Autre caractéristique du cyber-harcèlement : les faits sont commis à distance, ce qui renforce le manque d’empathie des auteurs pour des victimes.

cyberharcèlement

Pour autant, ces faits peuvent avoir de graves répercussions sur les victimes : anxiété, isolement, décrochage scolaire, perte de confiance et d’estime de soi, baisse des résultats scolaires, refus de se rendre à l’école, au collège ou au lycée.

Les drames vécus par certaines victimes et leurs entourages démontrent que le cyber-harcèlement peut avoir les pires répercussions.

D’où l’importance de l’identifier et de le combattre.

 

 

Le cyber-harcèlement n’est pas une fatalité

Si votre enfant ou votre adolescent est victime de cyber-harcèlement, les associations spécialisées (e-enfance par exemple) recommandent de ne surtout pas taire le sujet en espérant que le harcèlement cessera de lui-même mais de s’en ouvrir à la direction de l’école, du collège ou du lycée.

Sensibilisés sur le sujet par le ministère de l’éducation nationale qui semble avoir pris la mesure du phénomène, le personnel d’encadrement et l’équipe pédagogique sont, en principe, en mesure de traiter le problème. Les parents de la jeune victime pourront également attirer l’attention des délégués de parents d’élèves.

Si cela s’avère insuffisant, que la direction de l’établissement reste inerte ou que sa réaction demeure sans effet sur les brimades, il peut être opportun d’agir de deux façons :

 

1- Agir auprès des parents

En premier lieu, les parents de la victime pourront, si les auteurs des faits sont identifiés prendre l’attache des parents de ces derniers, si besoin est par l’intermédiaire d’un avocat.

Les parents de l’auteur des faits sont, en effet, en leur qualité de dépositaire de l’autorité parentale, les mieux placés pour faire cesser le comportement répréhensible de leur enfant.

N’oublions pas, au-delà de cet argument de bon sens, que les parents sont juridiquement de plein droit responsables de leurs enfants mineurs.

Ce sont eux, également, qui seraient débiteurs de dommages et intérêts dans l’hypothèse où un adolescent viendrait à être reconnu comme responsable de faits de harcèlement qui seraient directement liés au préjudice de la victime.

 

2- Déposer plainte

En l’absence de réaction ou lorsque le ou les auteurs des faits de harcèlement restent anonymes, les parents de la victime conservent la possibilité de porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

cyber-harcèlementLes services de police ou de gendarmerie pourront, en effet, remonter la piste des auteurs de faits de harcèlement grâce aux adresses IP qui permettent d’identifier la machine à partir de laquelle ont été posté les messages ou les commentaires offensant.

Ils pourront, également, convoquer et interroger les suspects ou intervenir auprès des sites éditeurs de contenu tels que Facebook, Snapchat ou autres afin d’enquêter sur les comptes des auteurs de faits de harcèlement.

Une fois identifiés, ces derniers pourront faire l’objet de poursuites judiciaires soit à l’initiative du ministère public, soit de la victime qui se sera constituée partie civile.

 

 

Les risques encourus en cas de harcèlement

Signalons, en effet, que la loi du 4 août 2014 a, par le biais de son article 41 introduit un article 222-33-2-2 du Code pénal qui punit les faits de harcèlement moral de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

Preuve de la détermination du législateur et de sa volonté de combattre le fléau que constitue ce type de harcèlement, cette peine pourra être portée à 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende lorsque les faits seront commis à l’encontre d’une victime de moins de 15 ans.

Gageons qu’un courrier d’avocat qui viendrait avec fermeté rappeler les parents à leur responsabilité et les sensibiliser aux risques encourus par leurs enfants suffiront, dans bien des cas, à les amener à interdire de tels comportements et à mettre définitivement fin au cyber-harcèlement.

Si vous êtes directement ou indirectement concerné, nous pouvons en discuter.

 

 

 

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